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воскресенье, 14 сентября 2008 г.

Le Land Art

Spectaculaire et grandiose, le Land Art est l'une des formes d'art contemporain les plus controversées de par son caractère éphémère. Né à la toute fin des années soixante, il s'est épanoui à même certains paysages de l'Ouest américain, avec comme seule ambition de créer une forme d'art qui échapperait aux conventions traditionnelles des galeries et musées. L'artiste du Land Art façonne, érige son œuvre à partir de ce qu'il trouve sur le terrain. Installer l'art dans la nature et le laisser en proie aux caprices de cette nature, c'est un peu renoncer à la prétention d'un contrôle absolu sur l'œuvre. C'est rendre à la nature tous ses droits en plus de convier le spectateur à en admirer l'époustouflante beauté à toutes heures du jour ou de la nuit.

Le Land Art s'inscrit donc dans une dynamique d'anarchie, sans organisation spécifique. La nature devient le plus vaste entrepôt de matériaux qu'un artiste puisse trouver. Et l'artiste du Land Art est, quand à lui, un opportuniste, l'instigateur d'une œuvre momentanée que la nature elle-même achèvera selon ses propres règles, suivant ses propres mouvements.

Il n'existe pas de mouvement spécifique au Land Art puisqu'il résulte davantage d'une action spontanée, de plusieurs artistes apparentés au minimalisme américain et qui, sans se consulter, se sont lancés dans l'aventure de l'art en pleine nature. Certains d'entre eux ont donné naissance à des œuvres fortes, gigantesques et sans précédent. La Spirale Jetty, notamment, de Robert Smithson, atteignant 500 mètres de long sur le lac Salé ou encore les Annual Rings de Dennis Oppenheim, réalisés dans la neige en 1968.

D'autres artistes intègrent à la nature des éléments extérieurs à celle-ci, produits de consommation ou de technologie, afin de construire leurs immenses sculptures. C'est ainsi que The Gates, exposition de 7500 portiques dans le Central Park à New York par le couple Christo ou les 400 pylônes d'acier destinés à attirer la foudre dans le désert du Nevada par Walter de Maria (qui a inventé le terme Land Art) montrent bien la démesure de l'entreprise à laquelle se livrent les artistes du Land Art. Notons également le travail d'Andy Galsworthy, l'une des figures emblématiques de cet art de la terre, qui travaille uniquement dans une perspective de l'éphémère. Pour lui comme pour beaucoup d'autres concepteurs de Land Art, il s'agit de participer instinctivement à l'œuvre de la nature, d'essayer, l'espace d'un instant, d'atteindre l'harmonie avec elle.

Cette façon de vouloir se fondre à la nature, cette volonté de vouloir en quelque sorte réinventer l'art du paysage amène également une idée de prolongement. En sortant l'œuvre du musée ou de la galerie, en la restituant à son milieu naturel, l'artiste du Land Art force la reconnaissance du matériau brut. Il oblige le spectateur à poser un regard totalement différent sur l'œuvre. Pour celui ou celle qui aurait pu admirer le célèbre Double Négative de Michael Heizer, magistralement exécuté grâce à une excavation de 240 000 tonnes de grès, créant dans un canyon du Nevada deux coupes gigantesques, il n'existe pas de commune mesure avec un paysage sur une toile. L'émotion est vive, directe, l'impression d'être en phase avec ce que le regard perçoit procure une sensation vertigineuse et une communion exceptionnelle avec l'œuvre.

Mais puisque le Land Art est l'art de l'éphémère, ses créateurs n'ont pas d'autre choix que d'emprunter des supports artificiels pour le fixer dans le souvenir collectif. Ils utilisent alors la photographie, le croquis ou la vidéo pour témoigner d'un génie grandiose qui a trouvé dans la nature le plus grand mécène à ce jour…http://www.site-du-jour.com